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Dakar 2015

Crédit photo : A.S.O Dakar

 

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Selon les jours, on change de registre autant que d’allure, passant de la piste rocailleuse au désert de dunes, des étapes à rallonge aux « sprints » de l’extrême. Dans cette incapacité à s’installer dans des séquences clairement identifiées, les concurrents devront avant tout mobiliser leur capacité d’adaptation… et de gestion de leurs efforts. Les étapes marathon sauront leur rappeler cette règle absolue du rallye-raid.

 

 

Etapes Marathon : Du pur Rallye - Raid

 

Le Dakar éprouve les concurrents et leurs véhicules dans le registre de l’endurance extrême. Et le contexte des étapes marathon, sur lesquelles les pilotes ne bénéficient pas de leurs équipes d’assistance, teste particulièrement leur capacité à gérer la mécanique en autonomie. Cette année, les autos et les camions, qui ne s’étaient plus confrontés à cet exercice depuis l’édition 2005, devront appréhender cette difficulté supplémentaire.

Répartie sur deux jours, une étape marathon emmène une partie des concurrents pour passer la nuit sur un bivouac isolé. Les véhicules sont conduits dans un parc fermé, où seule l’assistance entre concurrents est autorisée. Hormis le défi technique que représente cette contrainte, les pilotes vivent aussi une expérience de convivialité différente. À Uyuni, ce seront d’abord les équipages autos qui passeront une nuit à l’écart, puis les motards et les quadeurs le lendemain. La catégorie camions aura quant à elle un bivouac totalement réservé en plein désert d’Atacama.

Pour rendre possible l’organisation d’étapes marathon, un dispositif inédit a été mis en place au coeur du séjour prolongé à Iquique. Ainsi, lors de la journée du 11 janvier, trois courses se dérouleront sur trois parcours différents, et dans deux pays. Cet aménagement a nécessité d’inventer le principe d’une journée de repos décalée pour les motos et les quads.

 

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Parcours différenciés 

 

La bonne connaissance des terrains sud-américains permet aux organisateurs d’affiner les parcours et de proposer des spécificités selon les catégories, depuis maintenant plusieurs années. Pour l’édition 2015, les motards et les quadeurs affronteront une diffi culté supplémentaire, avec une deuxième semaine particulièrement dense : 4 jours de marathon au total. Le kilométrage parcouru sans les autos et les camions atteint 35 % de la distance totale en spéciale.

La différenciation des itinéraires et des journées de repos donne également aux équipages auto la possibilité d’exprimer à plein leur potentiel, sur les plans du pilotage et de la navigation. Avec 1 382 km en ouverture (un tiers des spéciales), les autos auront le champ libre pour progresser sans être ralenties par les manoeuvres de dépassement… et seront également confrontées à des terrains vierges de traces. Les camionneurs se retrouveront dans cette situation durant plus de 600 km.

 

Reportages TV

 

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France 4 : Tous les jours 1 heure de direct à partir de 18h45 présenté par Gérard Holtz et Luc Alphand

France 3 : Tous les jours en direct à 20h05

 

Le point sur la catégorie quad

 

La catégorie quads a considérablement gagné en volume sur la période récente, et les pilotes sud-américains sont presque parvenus à en faire une chasse gardée. Mais le Chilien Ignacio Casale, vainqueur en 2014, aura tout de même fort à faire face à une meute de contradicteurs…

Ils ont transformé le Dakar ! Parmi les évolutions que l’épreuve a connu depuis son arrivée en Amérique du Sud, la progression du nombre de quadeurs fait partie des tendances majeures. En 2009, ils étaient 25 au départ de la course. Ils sont près du double, exactement 46, attendus à Buenos Aires le 4 janvier. Dans le détail, l’analyse du gonflement spectaculaire du peloton de quads reflète la vigueur de la discipline chez les latino-américains : les trois pays hôtes alignent 24 véhicules dans la catégorie, et le total atteint même 33 quads en élargissant aux autres nationalités du continent.

 

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Et la culture « cuatriciclos » qui s’exprime massivement dans la liste des engagés se manifeste également au plus fort de la compétition. Hormis le succès de Joseph Machacek qui prolongeait sa série victorieuse en 2009, les cinq derniers titres ont été remportés par des pilotes argentins ou chiliens, tandis que les Sud-Américains ont raflé 50 étapes sur les 82 disputées sur la période ! Dans le genre, le tenant du titre illustre parfaitement le quadeur latino dans toute son excellence. Après avoir découvert le Dakar dans le camion familial puis à moto (40ème en 2011), Ignacio Casale faisait une entrée remarquée à 23 ans dans la catégorie en prenant la 4ème place (2012), puis menaçait l’année suivante le maître des lieux, Marcos Patronelli. En 2014, le pilote Yamaha atteignait la consécration, dominant ses rivaux à partir de la 7ème étape, et achevant le rallye avec 7 spéciales dans sa besace.

Pour autant, il serait hasardeux de désigner Casale comme le grand favori à sa succession, tant les signes donnés par la concurrence sont prometteurs, à commencer précisément chez les détenteurs de passeports sud-américains. L’Uruguayen Sergio Lafuente, provisoirement en tête l’année dernière, ne connaîtra peut-être pas les déconvenues qui l’ont amené à l’abandon en janvier dernier, tout comme l’Argentin Lucas Bonetto, 4ème en 2013 et lui aussi sorti avant l’heure en 2014. Egalement argentin, le benjamin de la dernière édition, Jeremias Gonzalez, a fait sensation en prenant la 6ème place à 18 ans, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Toutefois, les menaces qui guettent Casale ne viendront pas que de ses compatriotes ou de ses voisins. Rafal Sonik, 5 fois classé dans le Top 5 et surtout 2ème en 2014, n’a absolument pas abdiqué, et le Qatarien Mohammed Abu Issa (4ème) a montré suffisamment de qualités pour prétendre à une place sur le podium cette année, voire mieux. Enfin, la compétition féminine ne se limitera peut-être pas cette année à un cavalier seul de Camelia Liparoti, puisque la franco-italienne sera accompagnée d’une partenaire de jeu, Paula Galvez… attention à la patte chilienne !

 

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En SSV, catégorie T3, Willy Alcaraz se lance à la poursuite d’une 4ème victoire sur  son Polaris RZR 1000XT+30 préparé par Xtremeplus

 

Il flotte, sur Buenos Aires et le Parc Tecnopolis, un petit air de printemps agrémenté d'une brise légère bien agréable. Tous les concurrents savent qu'il faut profiter de ces moments de répits car l'Argentine est trop bien connue pour ses chaleurs infernales.

Pour le Polaris Xtremeplus Factory Team, l'heure est aux vérifications administratives et techniques. La partie technique la plus importante ayant été déjà faite au Havre fin novembre dernier, avant d'embarquer, l'après-midi se passe sans stress.

 

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Toute l'équipe est fin prête à affronter les embûches et les pièges que réservera le Dakar 2015.

Pour Willy Alcaraz, triple vainqueur du Dakar en T3, il est l'heure de remettre en jeu son titre. 

« C'est mon 24e Dakar, commente le Français qui roule en solo, et c'est mon 4e Dakar au volant d'un Polaris RZR mais cette fois, c'est avec le RZR 1000XT+30 que je cours et non un 900XT+40. _
L'équipe technique a fait un travail de développement incroyable, le RZR est un véritable bijoux. Lors des essais, j'ai été très positivement étonné des performances de la nouvelle machine au point de vue suspensions, châssis, freins... _ 

Le comportement général de la machine s'est considérablement amélioré et maintenant, elle roule à 125 km/h.

 

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J'espère que le terrain sera difficile car c'est un avantage pour notre RZR, tout comme le sable, mais cette année, nous n'allons pas en voir beaucoup malheureusement. Mon ambition pour ce Dakar 2015 est de remporter le T3, bien évidemment, et d'évoluer au classement général. Comme la voiture va plus vite, c'est plus difficile pour moi d'appréhender les dangers et de naviguer en même temps mais étant seul, j'ai l'avantage du poids... 

Nous avons aussi de nouveaux pneus Maxxis et nous devrions avoir moins de crevaisons, ce qui me permettrait aussi de rouler plus vite dans le cassant. _
Si cela sourit, je pourrai monter au général car le Polaris RZR 1000XT+30 est vraiment performant et notre équipe est extrêmement bien rodée et efficace ! »_

Mais, Willy Alacaraz ne sera pas seul à rouler en solo dans le Team Xtreme Plus Polaris Racing puisque le Britannique Dean Gibbs est également dans les starting-blocks tandis que Jes Munk et le Français Sébastien Delaunay, toujours dans le Team Xtreme Plus, feront cause commune. Les Français Jean-Pierre Tournier et Rémy Vauthier (JPR Racing), également sur un Polaris RZR 1000 XP entièrement revu de la cave au grenier, iront même plus loin, en se relayant au volant. Le Chilien Enzo Cordano partira seul sur un Can-Am tandis que les équipages Rodrigo Illanes/Jose Gattawara rouleront Can Am et Antonio Jose Blangino/Alida Adrian Andreini ont confié leur sort à un Polaris. Pour les SSV, comme pour les quads, demain matin sera le premier jour de vérité ! La nuit sera courte !

 

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C’est parti

 

Le verdict des vérifications administratives et techniques est tombé en début d'après-midi à Tecnopolis. Ce sont 406 véhicules qui s'élanceront, demain, à l'assaut de la 37e édition : 161 motos, 45 quads, 137 voitures et 63 camions. La bagarre pour les 4 titres enjeu s'annonce totale, notamment dans les deux catégories reines, autos et motos dont les favoris ont soigneusement joué la stratégie du détachement et de l'évitement…

Incontestablement, l'on a affaire à des gentlemen. Sur les 2 jours et une matinée de vérifications administratives et techniques, vécues sous le soleil, autant que sous une pluie parfois violente, au centre Tecnopolis de Buenos Aires, les grosses écuries, leur cohorte de personnels et surtout leurs pilotes vedettes ont joué à dédramatiser le rendez-vous majuscule qui les attend à partir de demain et pour 9 300 kilomètres sur les pistes et les espaces sableux et rocailleux d'Argentine, du Chili et de Bolivie. Peugeot avec ses 3 DKR 2008, dont ont la charge Stéphane Peterhansel, Carlos Sainz et le nouveau venu sur 4 roues Cyril Despres (5 fois vainqueurs à moto), a montré ses muscles, mais sans insister. Peter, le « Monsieur Dakar », préférant mettre en avant la nouvelle donne qui s'ouvre tandis que Sainz, « El Matador », perfectionniste dans l'âme, parle d'année test.

 

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Chez Mini on avance tout aussi silencieusement, mais en groupe avec 11 véhicules, dont un Buggy confié au revenant Chicherit. Si Nani Roma, depuis sa position de leader, remarque sagement que « l'année a passé si vite ! Il me semble que Valparaiso, c'était hier…», il l'a surtout joué très humble : « On repart à zéro », disait-il ce matin, alors que son coéquipier Nasser Al Attiyah compte effectivement remettre les compteurs à zéro... Mais le rendez-vous sur 4 roues ne se limite pas aux rugissements encore rentrés des deux mastodontes. Derrière ce duel annoncé, Le discret et talentueux Giniel De Villiers espère concrétiser les promesses entrevues l'an dernier avec sa Toyota tandis que la maison Gache et ses 3 Buggies sera à suivre de près. Car la course autos prend de plus en plus des allures de galerie de l'évolution. Les Buggies s'installent dans le paysage et le retour de l'enfant prodigue Guerlain Chicherit, voulu par Sven Quandt en personne, en est une preuve. « Ma mission est d'aller plus loin que les Peugeot », a-t-il confié. Cette course à la suprématie des Buggies aussi est lancée. Et elle sera féroce.

 

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Chez Marc Coma et son entourage on respire aussi cette tranquillité d'avant la vraie explication. Le quadruple vainqueur moto de l'épreuve a son système bien rôdé. Et sans prétendre à rien, pour rester fidèle à la ligne de conduite générale des favoris, il est naturellement installé comme l'homme à battre. Il sera suivi comme son ombre par l'impeccable Viladoms et le prometteur Sunderland. Un dispositif KTM imparable sur le papier et sans doute aussi sur les pistes. « On s'est bien entraîné. J'ai travaillé en altitude aussi chez moi en Espagne », a simplement lâché le Catalan. En écho Joan Barreda, et sa bande du Team HRC (Rodrigues, Gonçalves, Israel, Sanz) a fait comme si de rien n'était lors des « Vérifs » : « Nous sommes arrivés tôt à Buenos Aires pour bien nous acclimater. Nous sommes prêts » a lâché le plus gros générateur de victoires d'étapes l'an dernier (5), mais seulement 7e au final. Dans ces escarmouches anodines, ce sont bien les pilotes Honda qui ont la pression. L'année ou jamais, sans doute.

Tout ce beau monde pourra encore jouer son rôle de gentlemen drivers le temps d'un dernier après-midi ensoleillé au pied de la Casa Rosada, siège de la présidence argentine. Le podium départ, et son défilé chatoyant, qui concentrera encore une fois la foule des passionnés porteños, sera l'occasion d'un grand spectacle. Tous ces prétendants s'y toiseront une dernière fois. Le public adorera. Mais demain une autre histoire commence… « Le mondial de l'aventure » comme l'a défini Étienne Lavigne (en référence aux 54 nationalités représentées), lors du briefing général un peu plus tôt dans l'après-midi. Un programme qui fera tomber les masques.

 

 


FR - Étape 1 - Inside Dakar 2014 - Le Dakar... par Dakar

 

Crédit photo : A.S.O Dakar

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